28 mars 2018

{Chronique} Si c'est pour l'éternité

Parker Santé ne parvient plus à parler depuis la mort de son père, il y a cinq ans. Tandis que ses camarades de classe postulent pour l'université, lui préfère sécher le lycée et traîner dans les halls des hôtels de San Francisco pour voler les riches voyageurs.
Un jour, il rencontre Zelda Toth, une étrange jeune fille aux cheveux argentés qui prétend avoir plus de 200 ans. Lorsqu'elle lui dit vouloir se suicider, Parker fait un pacte avec elle : Zelda dépensera toute sa fortune avec lui s'il s'engage à poursuivre ses études pour devenir écrivain.
Mais Parker, qui est tombé amoureux, a un autre objectif : essayer par tous les moyens de lui redonner goût à la vie.






Ayant envie de lire un contemporain, je me suis récemment plongée dans la lecture de Si c'est pour l'éternité, un livre assez déroutant qui possède une couverture magnifique et dont l'histoire m'a globalement satisfaite. Je remercie bien évidemment les éditions Nathan pour l'envoi de ce livre.
Là où ses camarades de classe préparent activement leur inscription à la fac, Parker, lui, sèche les cours au profit du hall des grands hôtel où il exerce ses talents de pickpocket. Il va y faire la rencontre de Zelda, une femme qui parait à peine plus âgée que lui mais possède déjà une chevelure entièrement grise et prétend avoir plus de 200 ans. Parker n'est pas dupe mais il est fasciné par cette femme tantôt enjouée et tantôt mélancolique. Zelda lui confie que, lasse de sa vie elle souhaite y mettre un terme. Il va tout mettre en oeuvre pour la faire changer d'avis.
J'ai trouvé cette lecture assez déroutante, elle a su me toucher au détour des thèmes abordés entre deuil et dépression mais elle n'est vraiment pas commune pour autant et ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant.
Depuis que son père est décédé il y a des années de ça, Parker a perdu la parole mais il n'a aucun problème pour se faire comprendre et possède d'ailleurs un humour particulièrement sarcastique. C'est consciemment, en esprit libre et solitaire, qu'il cherche à s'isoler des autres.
Zelda pour sa part, souffre d'un mal être évident mais parvient à rester une femme lumineuse et généreuse. Elle est unique en son genre et on ne peut pas s'empêcher de s'interroger tout au long du roman si sa prétendue longévité est du lard ou du cochon mais finalement qu'importe, car elle a bel et bien un don, celui de bouleverser la vie des gens qu'elle approche. Parker pense l'aider mais en réalité, sans qu'il s'en rende compte, c'est elle qui lui vient en aide et le transforme.
Leur relation est singulière. On s'attend à une histoire d'amour mais plus le récit avance et plus le romantisme semble laisser le pas à un sentiment plus tendre propice aux confidences. On a juste envie qu'ils se sauvent l'un et l'autre. 
L'écriture de ce récit qui flirte avec le fantastique m'a en revanche moins touché que l'originalité due aux personnages. Je l'ai trouvé froide et sans âme mais j'ai quand même apprécié que les histoires qu'invente Parker (un petit écrivain en herbe) soient retranscrites par l'auteur. Ca apporte un dynamisme intéressant au récit et ces petites histoires très imagées auraient même gagné à être plus nombreuses.
J'attendais la fin du récit avec impatience et appréhension, me demandant sans cesse ce qui allait bien pouvoir se passer. Je ne vous parlerai pas du sentiment qui m'a étreint à la fin de ce livre pour ne pas que vous vous doutiez de ce qui va bien pouvoir se passer mais j'ai en revanche été marquée par un passage à l'avant-dernière page que j'ai lu et relu à plusieurs reprises et qui m'a semblé d'une pertinence folle. 
En résumé, de part sa singularité je ne pense pas que ce récit plaira à tout le monde mais il m'a en tout cas plongé dans un drôle d'état d'esprit tout en m'invitant à la réflexion. C'est en grosse partie l'écriture de l'auteur qui m'a fait baisser ma note.

★★★☆☆


Aucun commentaire:

Publier un commentaire