19 sept. 2018

{Chronique} Le goût amer de l'abîme

Caden est un adolescent de quinze ans ordinaire, qui s'intéresse à l'athlétisme et aux jeux vidéo. Pourtant, il adopte un comportement de plus en plus étrange aux yeux de ses parents : il marche seul et pieds nus dans les rues, craint que ses camarades de classe ne veuillent le tuer... Dans son esprit, Caden est devenu le passager d'un navire voguant sur des mers déchaînées.
Lorsque cela devient trop difficile pour lui de garder le contact avec la réalité, ses parents doivent l'interner en asile psychiatrique. Commence pour le jeune homme un long voyage qui doit le mener au plus profond des abysses, au risque de s'y noyer…
Inspiré d'une histoire vraie, un roman d'une justesse incroyable sur les maladies mentales.











C'est avec le livre La Faucheuse que j'ai découvert l'année dernière la plume de son auteur : Neal Shusterman. Je savais bien qu'en lisant Le goût amer de l'abîme, j'allais me retrouver confrontée à un tout autre sujet et à un tout autre style d'écriture mais je demeurais curieuse de découvrir cet étrange récit. Je remercie la maison d'édition Nathan pour l'envoi de ce livre. 
Caden est un adolescent de 15 ans qui va adopter un comportement de plus en plus étrange aux yeux de son entourage jusqu'à ce qu'il soit diagnostiqué schizophrène et qu'il soit interné dans un asile psychiatrique. 
Tout l'intérêt et l'aspect touchant de ce récit réside dans le fait qu'il possède une part de vérité. En effet, le fils de Neal Shusterman a été diagnostiqué il y a de ça des années schizophrène et la famille a dû faire face à la maladie mentale de leur enfant. Ce livre est ponctué d'illustrations abstraites griffonnées par le fils de l'auteur, ce qui vient ajouter un intérêt supplémentaire envers le livre. 
J'avoue avoir eu un mal de chien à rentrer dans cette histoire qui se découpe en une centaine de courts chapitres. Mon esprit "rationnel" s'est heurté à la pensée décousue de Caden qui se visualise la plupart du temps en dehors de notre réalité, sur un bateau pirate. Je n'ai pas apprécié les nombreux passages où il se trouve sur ce fameux bateau, en proie à un capitaine et à son perroquet malveillant et j'ai nettement préféré les passages davantage ancrés dans notre réalité qui illustraient la lente descente aux enfers de Caden. 
C'est atroce de se dire que cette maladie est apparue un peu du jour au lendemain mais de manière insidieuse. Les "bizarreries" de Caden ont pris une telle importance que ses parents n'ont pu ignorer longtemps que quelque chose de sérieux clochait chez leur fils. J'ai ressenti beaucoup d'empathie aussi bien à l'égard de cet ado qui avait une vie bien remplie et des projets plein la tête qu'envers son entourage. 
Même si ce livre est romancé, il possède un côté informatif sur le quotidien des patients atteints de maladie mentale qui sont enfermés dans des asiles psychiatrique. Les rendez-vous avec le psychologue, les groupes de parole, les activités manuelles, les visites et surtout les cachets de toutes les couleurs à avaler tous les jours, tous ces éléments informatifs m'ont vivement intéressé mais un peu miné le moral également. 
En résumé Le goût amer de l'abîme porte bien son nom. Ce n'est pas une histoire joyeuse qui nous est contée, c'est au contraire un livre déroutant tantôt porteur d'espoir, tantôt porteur de désespérance qui possède une narration hors du commun. En effet, l'auteur illustre à merveille la pensée décousue de son personnage principal et sait tout aussi bien nous faire comprendre à quels moments sa lucidité refait surface. On ne peut pas ressortir indifférent de ce récit et même si je ne peux pas dire l'avoir adoré, je l'ai trouvé intéressant sous bien des aspects et je me sens enrichie d'avoir découvert une telle histoire. 

★★★☆☆



Aucun commentaire:

Publier un commentaire