8 mars 2017

{Chronique} The Curse Tome 1

Fille du plus célèbre général d'un empire conquérant, Kestrel n'a que deux choix devant elle : s'enrôler dans l'armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n'est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la " malédiction du vainqueur " : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l'objet de sa convoitise.
Elle ignore encore qu'elle est loin, bien loin, d'avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l'esclave, Arin, et comprend qu'il n'est pas qui il paraît... Mais ce qu'elle soupçonne n'est qu'une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.



-Si je l'emporte, je vous poserai une question et vous y répondrez, dit-il.
Le coeur de Kestrel battit plus fort.
-Qu'est ce qui m'empêche de mentir?
-Je suis prêt à courrir ce risque.
-Si c'est moi qui gagne, ma récompense sera la même, j'imagine?
-Si vous l'emportez, oui...
Mais elle ne pouvait se résoudre à accepter.
-Des questions et des réponses... De bien étranges mises! maugréa-t-elle, irritable.

En décembre dernier, les éditions Lumen ont organisé un petit déjeuner dans leurs locaux afin de dévoiler à quelques chanceux les sorties phares de ce début d'année 2017. J'ai été tellement heureuse d'apprendre qu'ils allaient sortir The Curse, une trilogie fantasy pour la jeunesse qui me faisait de l'oeil depuis des années et que j'ai d'ailleurs failli acheter en anglais. Quelques semaines avant sa sortie officielle, mon facteur m'a apporté un petit kit promotionnel comportant une superbe affiche ainsi qu'un petit flacon violet, de quoi nous plonger dans l'ambiance et me faire trépigner d'impatience. Et puis enfin, le Graal est arrivé entre mes mains, avec cette superbe illustration de couverture qui demeure inchangée par rapport à la version originale et je me suis lancée dans une lecture commune avec ma copine Bea qui venait de se procurer le livre.
 
Kestrel a 16 ans mais elle doit déjà faire des choix décisifs pour son avenir. Fille d'un illustre général, ses options se résument soit à se marier à un parti intéressant soit à s'enrôler dans l'armée de son père afin de servir son pays. Tacticienne dans l'âme et joueuse hors pair, Kestrel préfèrerait profiter davantage de sa jeunesse. Lors d'une balade en ville elle va acquérir un esclave lors d'une vente aux enchères sans savoir que cette transaction va venir bouleverser sa vie.
The Curse est un récit qui se lit rapidement parce que la plume de Marie Rutkoski est particulièrement dynamique et entrainante. Elle utilise de belles figures de styles qui viennent enrichir son récit et elle possède une capacité certaine à susciter de vives émotions. J'ai apprécié découvrir ce nouvel univers de fantasy bien que le contexte reste assez classique: le peuple des Valorians a conquis le peuple des Herranis par la force, réduisant en esclavage les survivants. L'univers mis en place est inspiré de l'Antiquité gréco-romaine, que ce soit en ce qui concerne les coutumes (le lavage de pieds), les tenues, la ville (le marché aux esclaves) et comme il s'agit de ma période historique préférée, je me suis délectée de cette ambiance.
Les intrigues politiques, les jeux de pouvoirs et la stratégie sont au coeur du roman. Il faut dire que Kestrel, est une tacticienne hors pair dont la langue acérée reste l'arme la plus redoutable. Elle apprécie particulièrement s'entrainer à un jeu de société qui m'a beaucoup intrigué: crocs et venins auquel elle excelle et qui lui permet d'aiguiser son talent naturel d'observatrice et de manipulatrice.
Toutefois, au-delà de l'aspect politique et des luttes de pouvoirs développés dans ce livre, l'histoire laisse surtout la part belle à la romance contrariée entre un esclave et sa maitresse. L'esclave c'est Arin, que l'on découvre très tôt dans le récit. Sauvage, indomptable et indompté, il possède un regard intense et une arrogance naturelle. J'ai trouvé qu'il possédait un charisme incroyable et j'ai assisté avec beaucoup d'émotion à chacune de ses tentatives de museler ses sentiments pour Kestrel tout comme je me suis délectée de chacun de leurs rapprochements. Leurs objectifs sont opposés, leur situation sociale l'est également, leur histoire d'amour est donc vouée à l'échec mais je n'ai pas pu m'empêcher de souhaiter ardemment qu'ils trouvent un moyen de contrer le destin.
L'histoire reste assez lente. Mais lente ne signifie pas ennuyeuse! Révélations et retournements de situation sont au programme et les personnages (surtout les secondaires) ne sont guère épargnés par l'auteure. Les dernières pages ont réussi à me surprendre complètement et offrent de belles perspectives narratives par la suite.
En résumé, ce livre a été à la hauteur de mes attentes. Je savais que la romance allait tenir une grande place dans cette histoire mais ça ne m'a dérangé puisque Arin et Kestrel m'ont totalement conquis. Je vais avoir la chance d'interviewer Marie Rutkoski samedi 25 mars au Salon du livre de Paris et j'espère bien lui soutirer quelques informations concernant la suite des aventures de nos deux héros.
 
★★★★☆
 
La chronique de Bea (à venir ultérieurement)
 
 

6 commentaires:

  1. Il y a des romances avec lesquelles ça le fait totalement même si on le redoute avant ! J'espère que j'aimerais ce roman autant que toi :)

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  2. La couverture est tellement sublime !!! Et j'adore de plus en plus cette maison d'édition, je ne suis jamais déçue et ton avis ne donne qu'une envie : courir l'acheter ! :D

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  3. Ce roman à l'air tellement bien ! :)

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  4. Bon, le côté romance ne m'attire définitivement pas... Mais j’essaierai quand même de le tenter à l'occasion, histoire de ne pas mourir bête ;)

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  5. Tu donnes trop envie :o
    À vrai dire, je suis déjà fortement intrigué depuis sa sortie (et la couverture est magnifique *-*) alors j'espère aimer autant que toi :D

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  6. Ah j'ai eu exactement le même sentiment que toi sur ce premier tome ! Comme tu le dis si bien, lent ne signifie pas ennuyeux. J'ai beaucoup aimé la dimension intrigue politique de l'histoire, cela démarque vraiment le roman d'autre du même acabit. C'est aussi un premier tome qui joue bien sur l'atmosphère, les émotions et le développement des personnages, un mélange qui m'a vraiment conquise. J'ai hâte de lire le suivant maintenant (qui est encore plus porté sur les intrigues apparemment).

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